Alors qu'Anglais, Flamands, Hennuyers, Frisons et Brabançons fuient le champ de bataille, l'empereur subit, à son tour, la foudre capétienne. Girard la Truie, parvenu jusqu'à lui, lui assène un coup de dague à la hauteur du cœur. La lame rebondit sur la maille ; alors Girard frappe derechef. Cette fois, elle vient se loger dans l'œil du destrier impérial qui, en se cabrant, vient de croiser sa trajectoire.

L'animal blessé s'effondre et Otton n'a que le temps de sauter sur un autre destrier, que vient de lui laisser l'un des siens. Mais, sitôt en selle, celui qui se place au-dessus des rois préfère se laisser porter par les ailes de la peur, plutôt que par celles de la victoire ; il s'enfuit sans demander son reste.

Dans son sillage, Guillaume des Barres parvient un instant à le rattraper mais, alors qu'il s'apprête à le frapper de l'épée, son destrier est abattu par un chevalier saxon. Ployant sous le nombre, le Barrois ne devra la vie qu'à l'intervention de Thomas de Saint-Valery, venu du flanc gauche avec cinquante chevaliers de son fief.