Les appels de la désespérance sont enfin entendus : Guillaume des Barres et ceux de la Maison royale rompent le combat avec les chevaliers saxons, font demi-tour et se portent au secours de Philippe Auguste. D'emblée, la furie française frappe les dos qui s'offrent à elle et jonche le sol de cadavres saxons. In extremis, on parvient ainsi à sauver le roi, qui aussitôt se remet en selle et fonce sur l'empereur, avec une haine féroce.

Pendant ce temps, à gauche, Philippe de Dreux est parvenu à la hauteur de Salisbury. Prompt comme l'éclair, il évite un coup d'épée et lorsque l'Anglais, entraîné par le poids de son arme, tente de se relever, l'évêque lui administre un magistral coup de plommée sur le crâne. Salisbury mord la poussière et, avec sa chute, l'espoir d'une victoire sur le flanc gauche s'efface. Mercenaires et soldats fuient par centaines.

Ce revirement de situation face aux Anglais met en difficulté Renaud de Dammartin, qui subit toujours les assauts de Robert de Dreux et de Pierre de Courtenay. Déterminé à combattre jusqu'à la fin, il s'entoure alors d'un triple rang de fantassins, formant une forteresse de chair et de piques. De temps à autre, l'enceinte s'ouvre et Renaud et les siens chargent leurs adversaires. Puis, lorsque la fatigue se fait sentir, ils reviennent prendre leur souffle au centre du cerne.