Nous arrivons là au tournant de la bataille.

A droite, après la prise de Ferrand, Flamands et Hennuyers se dispersent, permettant ainsi aux chevaliers français de se porter sur le flanc du contingent impérial.

A gauche, avec l'aide de Philippe de Dreux, Ponthieu et Saint-Valery finissent par reprendre l'avantage sur les Anglais.

Au centre, cependant, la situation se dégrade d'instant en instant : le coin saxon traverse les rangs des milices communales, telle l'étrave d'un bateau déchirant la mer. L'un des mercenaires, plus sournois que les autres, parvient même à se glisser derrière le roi, et à l'alpaguer à la hauteur du cou, avec son godendart (pique munie d'une pointe et d'un crochet). Aussitôt, quatre autres ribauds viennent lui prêter main forte et le pire survient : happés par les uns, bousculés par les autres, le roi et son destrier s'écrasent lourdement sur le sol rougi de sang. 

Galon de Montigny agite désespérément l'oriflamme Saint-Denis, pour appeler la Maison royale au secours. De l'autre main, il frappe sans relâche les assaillants, tandis qu'il vient placer son destrier en rempart devant le roi. Au même instant, le chevalier Pierre Tristan met pied à terre et interdit aux fantassins de s'approcher ... ce qu'il paiera de sa vie. Et partout, on crie : "Secorance au roi! Secorance au roi!"