Après avoir parcouru double distance (env. 25 kms, contre 13 pour l'armée capétienne), la coalition rattrape Philippe Auguste vers midi. Cette dernière avançait donc lentement, alors que l'Anonyme de Béthune parlait d'un départ dans la précipitation. Là encore, l'assertion d'un piège se confirme.

Les chroniqueurs le disent d'ailleurs qu'Otton exprima vivement sa surprise de se trouver face à l'armée capétienne, alors qu'il la croyait en fuite. 

Quittant la voie romaine, pour remonter d'abord au nord (septentrion), l'empereur se positionne ensuite face au soleil, ainsi qu'en témoigne la Chronique de Saint-Denis : "ils s'arrêtèrent par devers septentrion en telle manière qu'ils eurent la lueur du soleil droitement aux yeux", "Le roi ordonna ses batailles ... par devers le midi, front à front, en telle manière que les Français avaient le soleil aux épaules. (voir "Dimanche de Bouvines" de G.Duby). Rappelons que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest.

Les deux armées occupent le terrain selon le plan ci-contre. Du côté droit du roi et du côté de Ferrand, il n'y a pas de fantassins. Ce front-là est celui de chevalerie : l'objectif est de repousser l'autre vers les marais.

On notera que les deux évêques présents ne prennent pas part aux combats : le frère Guérin commande le flanc droit capétien et Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, se voit confier la garde du pont avec les quatre cents sergents massiers, composant la garde personnelle de Philippe Auguste.

Les milices communales, qui stationnent au campement situé au hameau de l'Hôtellerie, repassent le pont à grandes enjambées, pour rejoindre le reste de l'armée. Nous sommes en début d'après-midi (soleil aux épaules).