Dixième vitrail intitulé "L'empereur Othon, poursuivi par Guillaume des Barres, abandonne lâchement son armée". Extrait de la notice rédigée à la fin du XIXème siècle par l'historien Henri DELPECH, à l'intention des artistes verriers.

"Après avoir dégagé Philippe-Auguste, Guillaume des Barres voulut avoir une revanche sur la personne du souverain allemand.

Flanqué, d’un côté par Gérard La Truie, de l’autre par Pierre de Mauvoisin, Guillaume réussit à pénétrer jusqu’à Othon. Mauvoisin (selon les textes, il s'agit en rélaité de Girard Scrophe, dit "la Truie) porta à l’Empereur un coup d’épée qui fut reçu par son cheval, lequel relevait la tête en ce moment. Le coup pénétra, par l’œil de l’animal, jusqu’à son cerveau. Affolé de douleur, il s’élança sur l’arrière-main, tourna sur lui-même et emporta l'Empereur à travers les rangs de sa propre armée. Guillaume des Barres s’élança sur ses traces, dans le sillon que produisait le cheval emporté d'Othon, en culbutant tout autour de lui.

Mais La Truie et Mauvoisin ne purent pas le suivre, ayant eu leurs deux chevaux tués au même moment.

Guillaume n’en poursuivait pas moins l'Empereur, en dépit des Seigneurs allemands qui galopaient autour de lui, cherchant à lui faire lâcher sa proie. Guillaume avait même rejoint Othon et le saisissait pour lui arracher son heaume et l’égorger, si bien que l'Empereur était réduit à s’allonger sur le cou de sa monture pour éviter l’étreinte de son adversaire.

Mais à ce moment, un des chefs allemands, se cramponnant à la couverte du cheval de Guillaume, se laissa emporter par l’animal, souleva les plis flottants de cette couverte et éventra le cheval à coups de poignards. La monture s’abattit. Guillaume se trouva démonté et entouré d’ennemis, en arrière des lignes allemandes. Mais bien qu'Othon fût désormais hors de tout danger, la terreur de l'Empereur fut telle qu’il continua de fuir et déserta immédiatement le champ de bataille.

Il serait à désirer que l'artiste représentât le moment où Guillaume, culbutant tout autour de lui, saisit Othon par la nuque. Bien que les chroniqueurs ne le disent pas, on pourrait supposer que la première étreinte de Guillaume avait réussi à arracher à l'Empereur son casque ; ainsi les traits d'Othon seraient visibles et le spectateur pourrait reconnaître en lui le personnage qu’il a déjà vu présider au grand conseil politique de Valenciennes.

Ce détail de l’enlèvement du casque serait d’autant plus justifiable historiquement que, à Bouvines, ce fut la préoccupation constante des chevaliers français d’arracher le heaume de leurs adversaires, pour trouver un joint dans leurs armures défensives.

Les chroniqueurs en citent plusieurs qui y réussirent. C’était du reste assez aisé, parce que le heaume du XIIIe siècle, étant fait d’une seule pièce, s’enfilait par en bas, comme une marmite renversée. Il en résultait qu’il était très large autour du cou, n’étant retenu que par un lacet qu’on nouait derrière le cou ; ce lacet était aisé à briser."

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