Neuvième vitrail intitulé "Philippe-Auguste, renversé en combattant, est sauvé par Pierre Tristan et Galon de Montigny". Le commentaire d'Alain STRECK.

Au centre, les combats se font toujours plus acharnés et la charge convergente des coalisés commence à porter ses fruits. Notamment, le coin des mercenaires saxons a enfoncé les rangs des milices communales, telle l’étrave d’un bateau déchirant les flots, et s'apprête à atteindre le Capétien. 

Un fantassin saxon, plus sournois que les autres, parvient même à se glisser dans le dos du roi Philippe et à l’alpaguer au cou avec son godendart (pique munie d'un crochet et d'une pointe, comme on peut en voir sur le vitrail). La pointe franchit un rang de mailles, puis deux, et s’arrête par chance au troisième. Philippe lâche son épée et s’accroche à l’encolure de son percheron. Aussitôt, quatre autres ribauds viennent prêter main forte à celui qui vient de harponner si noble proie et ce sont maintenant dix mains qui s’accrochent à la hampe mortelle. 

Un ahan accompagne leur geste. Et le pire survient. 

Happés par les uns, bousculés par les autres, le roi est son destrier s’affaissent lourdement, dans un nuage de poussière. Aussitôt, le chevalier Pierre Tristan met pied à terre et se place devant Philippe Auguste pour lui servir d’écu, ... ce qui lui coûtera la vie. De l’autre côté, le porte-oriflamme Galon de Montigny vient se placer son cheval au-dessus du roi pour le protéger. D’une main, il frappe sans relâche ses adversaires. De l’autre, il agite désespérément l’oriflamme Saint-Denis pour appeler à l'aide la Maison royale. 

Les appels de la désespérance parviennent enfin à couvrir le fracas des armes ; aussitôt Guillaume des Barres et ses chevaliers abandonnent leurs adversaires, pour se porter au secours du souverain. La furie française est telle que les cadavres saxons jonchent le sol par dizaines et Philippe Auguste est sauvé in extremis.

L'homme tremble encore d'avoir la mort de si près. Mais, sous la peau de l'homme, il y a le roi ; et celui-là est pris d'un incommensurable colère.

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