Huitième vitrail intitulé : "L'évêque de Beauvais livre le comte de Salisbury à Jean de Nivelles". Extrait de la notice rédigée à la fin du XIXème siècle par l'historien Henri DELPECH, à l'intention des artistes verriers.

"Alors commença la bataille.  

La gauche de l’armée française avait en face d’elle les effectifs anglais commandés par le Comte de Salisbury. Celui-ci obtint d’abord de tels avantages que le Comte de Ponthieu faillit être fait prisonnier et le Comte de Dreux fut menacé. Le frère de ce dernier, l'Évêque de Beauvais, s’était jusqu’alors abstenu de combattre, par respect pour son caractère religieux. Mais en ce moment, considérant le péril de son frère et de l’armée comme un cas de légitime défense, il intervint à la tête de ses vassaux.

L'Évêque de Beauvais était doué d’une force herculéenne. Sa seule arme était une espèce de marteau de forgeron qu’il portait à l’arçon de sa selle. Ce genre d’armes n’était employé, dans la cavalerie, que par les hommes exceptionnellement vigoureux, montés sur des chevaux très solides, soit parce qu’il fallait être très fort pour manier une pareille masse d’une seule main, soit parce que son balancement fatiguait beaucoup la monture et pouvait même lui faire perdre l’équilibre. Mais les combattants qui pouvaient en faire usage avaient un immense avantage, parce qu’il n’y avait pas de parade, ni d’armure défensive qui pût résister à la chute d’une masse aussi lourde. Chaque coup assommait un homme. 

Beauvais se mit à la tête d’une charge de ce genre. Il étourdit de sa propre main le Comte de Salisbury et le fit prisonnier. Les autres chefs anglais eurent le même sort. Leurs soldats abandonnèrent le terrain pour ne plus reparaître. L'Évêque n’étant plus nécessaire à la défense, se retira du combat et livra à Jean de Nivelle ses prisonniers y compris Salisbury, pour ne pas bénéficier de sa rançon.

Il serait nécessaire de faire un vitrail sur cette rencontre, parce qu’elle constitue un des résultats décisifs de la lutte et la capture de l’un des principaux chefs que l’on a vus, dans le premier vitrail, participant au partage de la France.

S’il répugne de représenter un Évêque assommant les gens, on pourrait tourner, la difficulté en représentant le moment où Beauvais, ayant déjà abattu Salisbury, le livre à Jean de Nivelle. Dans ce cas, la nature de la charge, à coups de massue, serait représentée par les compagnons d’armes de Beauvais que l’on verrait encore frappant à droite et à gauche sur les Anglais en fuite ; Beauvais figurerait sur le premier plan, encore à cheval, mais au repos. Il désignerait du doigt, à Jean de Nivelle, le Comte de Salisbury étendu à ses pieds.

Le casque de ce dernier lui aurait déjà été enlevé. Ainsi il serait possible au spectateur de reconnaître les traits du Salisbury du premier vitrail. 

Cette scène a dû se passer non loin des marais de la Marcq, au Nord-Est de Bouvines."

 

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