Huitième vitrail intitulé "L'évêque de Beauvais livre le comte de Salisbury à Jean de Nivelles". Le commentaire d'Alain STRECK.

Cette fois, la bataille bat son plein.

Cette scène se situe à l’extrême gauche de la zone de combat, du côté de Gruson. Sur ce secteur, les Picards du comte de Ponthieu ploient sous coups de butoir anglais, mettant ainsi en danger le cousin du roi, Robert de Dreux, et par là même le roi lui-même. 

De fait, Philippe de Dreux, l’évêque de Beauvais (à gauche du vitrail, de dos, à cheval), décide d’abandonner la garde du pont et de porter assistance à son frère. A la tête des 400 sergents massiers qui constituent la garde personnelle du roi, il fonce sur les Anglais : les masses d’armes tournent dans les airs, des écus se tordent, des torses se plient, des heaumes s’aplatissent. Et Philippe de Dreux parvient à la hauteur de Guillaume de Salisbury, demi-frère de Jean sans Terre. 

L’Anglais, qu’on surnomme Longue Epée, fait siffler sa lame en direction du prélat. Vif comme l’éclair, ce dernier se baisse et évite à temps le coup mortel. Salisbury est entraîné par le poids de son arme et lorsqu’il tente de redresser, Philippe de Dreux lui administre un formidable coup de goupillon, au sommet du heaume. S’accrochant vainement au pommeau de sa selle, l’Anglais finit par rejoindre lourdement le sol. L’évêque pourrait alors se vanter d’avoir pris si noble proie, mais il préfère livrer son prisonnier (étendu au sol) au châtelain de Bruges Jean de Nivelle (debout, tenant une épée pointée sur le prisonnier), car son statut d’homme d’église lui interdit de revendiquer un fait de guerre. Pour lui éviter tout ennui, le chapelain du roi, Guillaume le Breton, ira même jusqu’à écrire plus tard que l’évêque tenait une masse d’arme à la main… par hasard !

  

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